Les Témoins de Jéhovah refusent le clivage clergé/laïc [1]. Tous sont frères et tous sont des ministres ordonnés de Dieu. Tous sont des prédicateurs du Royaume de Dieu.
La notion de clergé rémunéré est donc étranger à leur culture et les rendraient de fait trop proches des Eglises chrétiennes traditionnelles.
- Paul d’après une gravure du XIXe siècle
- Source : Perry-Castaneda Collection, Library of Texas University at Austin
L’exemple fameux de l’apôtre Paul, ardent prédicateur et enseignant, missionnaire intrépide, travailleur infatigable apparaît à leurs yeux admiratifs le parangon du ministre complet, le modèle parfait à imiter consciencieusement.
Ne dit-il pas de lui même dans un élan de modestie : Devenez mes imitateurs, tout comme moi je le suis de Christ. (1 Corinthiens 11:1)
Montrant le danger pour les chrétiens de se voir exploités par d’autres pour motif religieux, la Tour de Garde rappelle avec raison : Des imposteurs et d’autres individus ont dû essayer de profiter de la gentillesse des vrais chrétiens. Un document extra-canonique du christianisme primitif connu comme La Didachè ou l’enseignement des douze apôtres recommande qu’un prédicateur itinérant reçu chez d’autres chrétiens ‘ne reste qu’un jour, deux s’il en est besoin’. Après quoi, lorsqu’il part, qu’il “ne prenne rien, sinon le pain suffisant […] ; s’il demande de l’argent, c’est un faux prophète”. Le document dit encore : “S’il veut, ayant un métier, se fixer parmi vous, qu’il travaille et qu’il mange ; s’il n’a pas de métier, veillez selon votre intelligence à ce qu’un chrétien ne vive pas parmi vous sans rien faire. Mais, s’il ne veut pas agir ainsi, c’est un trafiquant du Christ ; tenez-vous en garde contre de telles gens.” (La Tour de Garde du 1er janvier 2005 p. 22-23) L’apôtre Paul faisait attention de n’imposer aucun fardeau coûteux à ses hôtes durant ses longs séjours dans certaines villes. Afin de pourvoir à ses besoins, il confectionnait des tentes (Actes 18:1-3 ; 2 Thessaloniciens 3:7-12)
N’allant pas jusqu’au bout de cette logique édifiante que pense donc la Watchtower des dispositions prises pour que des enseignants itinérants [2] visitant les congrégations soient intègralement et en permanence à la charge financière des congrégations ?
En effet, rejetant l’exemple de Paul, ces prédicateurs professionnels n’exercent aucun métier et vivent aux dépens de leurs coreligionnaires en toute impunité et avec la bénédiction du groupuscule enseignant de Brooklyn, qui lui aussi n’exerce aucun métier et pour la plupart de ses membres n’ont jamais exercé aucune activité lucrative de toute leur vie.
Mais la Watchtower a besoin de cette petite armée de représentants itinérants ; c’est elle qui assure le contrôle absolu sur les congrégations. Les simples courriers adressés aux congrégations n’auraient pas le même poids, n’exerceraient pas la même pression instrumentalisée qu’une présence diligente et effective.
Est-ce bien cohérent scripturairement parlant ?
Ne constatons-nous pas ici un clergé, un ensemble d’ecclésiastiques, digne de ce nom ?
De ce même clergé que dénonçait sans tendresse Jean Meslier.
N’est-ce pas la misère que cette quantité prodigieuse d’ecclésiastiques et de prêtres inutiles, d’abbés, de prieurs et de chanoines, de moines et de moinesses, qui ne sont d’aucune nécessité ? Quels services rendent-ils au public ? Aucun.
(…)
« Un clou est utile et nécessaire, on ne saurait s’en passer en nombre de choses, mais toutes les prières, toutes les oraisons et toutes les messes ne sont utiles qu’à faire venir de l’argent à ceux qui les disent. Un seul coup de hoyau qu’un pauvre manouvrier donne en terre pour la cultiver est utile et sert à faire venir du grain pour nourrir l’homme. Un bon laboureur en fait venir avec sa charrue plus qu’il ne lui en faut pour vivre ; mais tous les prêtres ensemble ne sauraient avec toutes leurs prières et tous leurs prétendus saints sacrifices de messes, contribuer à la production d’un seul grain. »
Tous ces hommes qui vivent sur le dos des autres ne méritent qu’un seul qualificatif : parasites.
parasite n. m. et adj. I. n. m. Personne qui vit aux dépens d’autrui.
Ouvrez donc les yeux et demandez-vous si la disposition qui consiste à imposer sur les congrégations la charge financière [3] de tous ces prédicateurs itinérants est non seulement biblique mais conforme à la pratique des premières congrégations chrétiennes.
Sans conteste, ces fardeaux financiers sont bel et bien parasites et par Jéhovah.